L’argent devient immatériel
« L’électronique ne réprime pas l’écriture mais peut substituer au papier la bande magnétique, le disque dur, la mémoire de masse, le composant intelligent dans le porte-monnaie électronique », souligne Jean-Claude Trichet, dans la revue Les Cahiers de médiologie. Pour le gouverneur de la Banque de France, « la monnaie scripturale domine déjà totalement la fiduciaire ». Dématérialisé, l’argent circule plus vite et les transactions explosent. Les marchés financiers ne travaillent plus qu’avec de l’argent immatériel. Les consommateurs privilégient les cartes de crédit, sauf pour les toutes petites dépenses, comme le montre l’expérience laborieuse de Moneo en France. Enfin l’e-commerce permet d’acquérir les biens désirés d’un simple clic sur Internet. « La puissance de l’argent semble proportionnelle à sa capacité de se rendre invisible », analysent le P. Dominique Greiner, théologien et économiste, et le P. Michel Veys dans la revue de l’Université catholique de Lille, Vues d’ensemble. Pour eux, « cette ambivalence de l’argent touche notre moi le plus profond. Freud considérait qu’il y a deux domaines où l’homme se révèle hypocrite : le sexe et l’argent. Parler argent, comme parler sexe, c’est en effet parler de ce que nous avons et de ce que nous n’avons pas, de nos frustrations, de nos rêves, de nos impuissances. »
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